Spectacle

Quelque part en Europe, dans une salle de spectacle, des spectateurs assistent à l’entrée en vigueur d’un nouveau plan d’activation à l’emploi. La promesse leur en est faite : c’est à la mise à l’emploi en direct de quatre chômeurs qu’ils vont assister ce soir.

La scène devient arène, quatre personnes contraintes de se soumettre à un plan d’activation aux emplois les plus inconvenants sont exhibées sous le feu des projecteurs.

Sous le regard des spectateurs, quatre vies humaines en proie au Plan Joker se débattent : des soumissions succèdent à des tentatives de résistance, des velléités de dignité sont appelées à se taire, des vies se vident de leur sens, des destins se jouent.

Le public est appelé à se prononcer sur l’avenir des candidats en jeu.


Comment ce spectacle est né ?

« Il y a du travail… pour tout le monde : les jeunes, les vieux et les inadaptés sociaux » [1] Dans un contexte de pénurie d’emploi, ces mots – prononcés en 2012 par la ministre belge de l’Emploi et du Travail Monica De Coninck – ont été l’électrochoc provocant la nécessité d’interroger, à travers une création théâtrale, la condition de l’emploi dans nos sociétés européennes.


Note d’intention

Face au refus de nos sociétés européennes à admettre dans les discours officiels que le plein emploi n’est plus une option vraisemblable;

face aux politiques d’austérité menées sous couvert de bonne gouvernance économique à l’encontre des chômeurs et des travailleurs;

face au démantèlement de la protection sociale;

face à l’hégémonie des dictats de rentabilité et de compétitivité, à leurs atteintes aux droits du travail, à la protection de l’emploi et au pouvoir d’achat;

quand la tendance devient d’admettre que la situation étant exceptionnellement grave, il faut bien employer les grands moyens quitte à faire quelques victimes;

quand les souffrances au travail se taisent par peur ou par honte;

quand les soumissions individuelles apportent leur concours à la longévité des politiques les plus austères;

la volonté de Plan Joker est de renvoyer chacun à ses modes de pensée sur l’obligation à l’emploi à tout prix, et aux limites de ses acceptations à répondre ou à en voir d’autres répondre aux pires exigences imposées au nom d’une « économie à redresser ».

L’Invitation sur la RTBF autour de Plan Joker, ici


[1] La Libre.be, 25 janvier 2012 – Francis Van de Woestyne – http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/edito-beau-defi-51b8e43de4b0de6db9c52d2a